Pro et anti-crinoline s'affrontent !

Contenu du Pro et anti-crinoline s'affrontent !

De jolies silhouettes 

La crinoline eut de fervents soutiens parmi les chansonniers et les romanciers comme Théophile Gautier. Ce dernier écrit en 1858 un traité De la mode, où il prend la défense de la crinoline : 

“Mais la crinoline, allez-vous dire ; les jupes cerclées, les robes à ressorts qu'on fait raccommoder comme des montres par l'horloger lorsqu'elles se détraquent, n'est-ce pas hideux, sauvage, abominable, contraire à l'art ? Nous ne sommes pas de cet avis : les femmes ont raison qui maintiennent la crinoline malgré les plaisanteries, les caricatures, les vaudevilles et les avanies de toute sorte.
Elles font bien de préférer ces jupes amples, étoffées, puissantes, largement étalées à l'oeil, aux étroits fourreaux où s'engaînaient leurs grand'-mères et leurs mères. De cette abondance de plis, qui vont s'évasant comme la fustanelle d'un derviche tourneur, la taille sort élégante et mince ; le haut du corps se détache avantageusement, toute la personne pyramide d'une manière gracieuse. Cette masse de riches étoffes fait comme un piédestal au buste et à la tête, seules parties importantes, maintenant que la nudité n'est plus admise. [...].”

D'un intérêt inattendu 

Le Courrier des Vosges du 14 janvier 1858 rapporte un avantage insolite à porter la crinoline : une jeune femme, qui venait de sauter d’un pont, ne doit la vie sauve qu’à sa tenue ! En effet, sa crinoline, de large dimension, gonflée au contact de l’eau a permis à la jeune femme de se maintenir hors de l’eau, le temps que les secours arrivent à elle.
 

Des vêtements un peu trop encombrants !

Toutefois, la crinoline ne fait pas l’unanimité. En effet, sermons, vaudevilles, articles de presse, se multiplient pour discréditer cette tenue.

Un jeune attaché à l’ambassade vietnamienne raconte ses impressions de voyage, et voici ce qu’il déclare à propos de la crinoline dans le Courrier des Vosges du 5 janvier 1864 : “Une drôle d’invention, c’est leur crinoline ! Probablement, ce sont les maris jaloux qui ont inventé cette prison d’acier qui suit partout leur femme et dont ils doivent garder la clef dans leur poche”.

De plus, la crinoline impose par sa longueur. Certaines cages font de 3 à 6 mètres de circonférence et peuvent atteindre jusqu’à 10 mètres. On relève certaines protestations et remarques de la part des hommes à qui la crinoline imposait des distances, les repoussant de son armature. Le Courrier des Vosges du 29 mai 1856 relate ainsi une anecdote sur la prise de place de la crinoline. Un mari souhaitant partir en voyage réserva des places de digilence. Cependant, il dut acheter une place de plus pour l'encombrement que causait la crinoline de son épouse. 

La crinoline et sa longueur sont contraignantes et peuvent causer de multiples accidents : pouvant aller d'une simple chute (Le Courrier des Vosges du 29 décembre 1864) jusqu'à la mort. Le Courrier des Vosges du 14 janvier 1864 retrace le décès d’une jeune femme dont la robe a pris feu à cause d’une bougie allumée. Le journal conclut le fait divers en demandant de rétrécir les crinolines, afin d’empêcher ces incidents.

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