Vivre au quotidien sous la menace

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Prévention et recommandations

Face à la virulence du virus, les autorités françaises décident, en automne 1918, de publier des recommandations afin d’éviter une contamination encore plus massive.


Le 16 octobre 1918, une liste de mesures préventives contre la grippe est publiée dans le Télégramme des Vosges. Il est ainsi préconisé d’éviter surmenage et fatigue, d’avoir une bonne hygiène et une bonne alimentation et de se laver les mains et la bouche régulièrement. Un autre article, intitulé « La guerre à la grippe », décrit les décisions sanitaires prises par le comité permanent des épidémies de grippe et informe les lecteurs de la marche à suivre pour éviter toute contamination. On note même qu’en Australie, dans la région de la Nouvelle-Galles du Sud, le port du masque de protection devient obligatoire.

L'alcool, un remède inaccessible

Pour lutter contre la grippe, les autorités préconisent aussi les boissons chaudes accompagnées de quelques gouttes d’alcool. Or, en cette période, l’alcool est une denrée chère qu’on ne se procure pas facilement, ce qui agace les populations. En témoignent plusieurs billets rédigés dans le Télégramme des Vosges. L’un du 18 octobre 1918 mentionne ceci :

« Remède couteux. – L’alcool est, dit-on, un antidote de la grippe, la fâcheuse grippe qui fait en ce moment tant de ravages. Aussi, beaucoup de personnes cherchent à se procurer ce précieux remède. Malheureusement, certains de ceux qui le vendent en profitent pour ne le céder qu’au prix de 30 à 35 francs le litre. Ce médicament n’est donc pas à la portée de toutes les bourses. On fera bien d’aviser. Le remède a un besoin urgent qu’on lui porte… remède ! ».

D’autres articles traitent de cette difficulté à trouver de l’alcool. L’un expliquant que la ville d’Épinal serait largement défavorisée à ce sujet. La ville de Chaumont aurait en effet eu droit à un faible prix sur le vin et aurait même reçu une grande quantité de rhum en début d’année 1919. Les spinaliens attendent donc avec impatience des mesures importantes en ce sens de la part de la municipalité bien que, depuis le 11 novembre déjà, la vente d’alcool soit autorisée en pharmacie et sous prescription médicale.

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Fermetures des lieux publics

De nombreux lieux vont être interdits aux populations et fermés temporairement, dès octobre 1918 afin de contenir au maximum l’épidémie. À Chaumont par exemple, les théâtres, cinémas et concerts sont consignés jusqu’à nouvel ordre aux troupes de la garnison et aux permissionnaires.


Le 23 octobre 1918, le Télégramme des Vosges informe que « les écoles communales d’Épinal sont licenciées jusqu’au 4 novembre » et que « les cinémas sont fermés ». À Remiremont également, on interdit spectacles, cinémas et réunions publiques.

Des conséquences indirectes

Au-delà de la tragédie humaine de cette pandémie de grippe, le quotidien des populations est bouleversé. Des articles signalent par exemple la fermeture d’écoles ou le report de la rentrée des classes suite à un trop grand nombre d’absents. On apprend que les services postaux, tout comme les trains, sont retardés en raison d’une insuffisance de personnel.


Mais surtout, les médecins viennent à manquer. Les patients atteints par le virus sont devenus trop nombreux. Un article du 24 octobre 1918 résume bien cette situation difficile : on apprend que le conseil municipal d’Épinal a fait une demande d’envoi de médecins militaires pour les populations civiles. Ces médecins seront alors à la disposition des malades à l’hôtel de ville pour leur apporter les soins nécessaires.

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