La Chasse au loup

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La coexistence entre l’homme et ce grand carnivore a été pendant longtemps marquée par la traque et la mise à mort.
On le pourchassa alors avec un seul objectif : l’éradiquer. Dès le Moyen Âge, l'extermination, davantage motivée par le fait que l’animal s'attaque au gibier et au bétail que par la peur collective suscitée par le loup « mangeur d'homme », débute par l'organisation de grandes battues à l’initiative des seigneurs. En France, la louveterie, créée par Charlemagne en 813 (capitulaire de Villis), est une institution qui a pour objectif la destruction organisée et systématique des loups. En échange de leurs services, les louvetiers, chasseurs spécialisés, étaient exemptés de leurs devoirs militaires et touchaient une prime pour chaque loup tué ou capturé lors de battues ou par des pièges, prime en nature sous forme notamment de céréales. Sous Charles VI, les récompenses sont à quémander aux villages avoisinant les lieux où les loups ont été tués. Sous Louis XVI, les chasseurs sont exonérés d’impôts. Ces lieutenants de louveterie disposant de grands pouvoirs, il y eut de nombreux abus au fil du temps. Face à ces abus se multipliant, le corps sera dissous à deux reprises, au XVIe siècle puis au XVIIIe siècle avant d’être rétabli par Napoléon Ier. La population du canis lupus devint de plus en plus faible vers le XIXe siècle. Il n’était pas rare de tuer environ 15 000 loups sous le règne de Napoléon Bonaparte et Napoléon III. Le loup eut un bref répit grâce à la Grande Guerre de 1914-1918, mais déjà à ce moment-là l’effectif du canidé était très restreint, il restait environ 200 individus. Puis après la guerre, la chasse reprit de plus belle. Le dernier loup tué en France, aurait été soi-disant tué dans le Limousin (connue comme la région des derniers loups de souche française) en 1937. 
Malgré la quasi-disparition du grand canidé en France, l’institution existe toujours et a été, par la loi n°71-552 du 9 juillet 1971, « adaptée à l’économie moderne ». Désormais, elle est en charge de veiller à la régulation de certaines espèces dites « nuisibles » et au maintien de l’équilibre de la faune sauvage. Depuis le retour, très anecdotique du loup sur le territoire hexagonal, les lieutenants de louveterie sont de nouveau en charge d’assurer sa régulation. Face aux si faibles effectifs du canis lupus, le mot régulation peut prêter à sourire et tout ceci semble cacher une extermination en règle par des détracteurs du loup, toujours aussi présents.                          Qui, de l'homme ou du loup, est le prédateur  ?