La défense des loups

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Au XIXe siècle, bien rares sont les défenseurs des loups. Néanmoins, la voix du « champion des loups » s’élève dans la presse, afin de plaider leur cause. Parce que l’auteur de ce plaidoyer considère les loups comme ses protégés, il en appelle à leur réhabilitation. Il renverse ainsi le jugement négatif fait sur eux en montrant l'utilité de leurs méfaits, qui en fait participent à l’équilibre de l’écosystème. Le mal commis par les loups peut alors être perçu comme nécessaire puisqu’il concourt à une meilleure régulation des populations des grands gibiers, tels que les sangliers. Si cet argument écologique prédomine dans la défense des loups, il peut aussi être corrélé à des visées plus éthiques et poétiques. Ainsi, dans le poème « Noël lorrain », l’écrivain et journaliste Emile Hinzelin fait preuve de compassion à l’égard d’un loup, représenté comme une créature vulnérable et même misérable. À l’inverse de l’homme et des animaux de l’étable, le loup demeure démuni, au point d’hurler de faim et de froid. Il apparaît ainsi comme le laissé-pour-compte, en cette nuit de Noël.  Le loup incarne donc, dans ce poème, un rôle aux antipodes de celui qui lui est traditionnellement accordé d’animal tout-puissant et foncièrement malveillant. Nous sommes alors invités à poser un autre regard, plus empathique et plus juste, sur le sauvage voyageur aux yeux de braise. Sa présence n’est toutefois guère mieux tolérée de nos jours, malgré les mesures de protection prises à son égard, en France notamment. Gageons qu’une meilleure cohabitation entre les hommes et les loups finisse par avoir lieu, afin que l’appel de ces canidés retentisse avec la même vigueur qu’autrefois, dans les forêts qui étaient les siennes.