Déluges lorrains, 1910

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De Nancy à la prairie de Tomblaine

À l’aube de l’année 1910, la France est sujette à de graves inondations, conséquence de pluies abondantes de l’hiver 1909. L’Ain, le Doubs, la Marne, l'Yonne et de nombreux autres départements sont en alerte. En l’espace d’un an, en janvier et novembre, les Lorrains voient la Meurthe sortir deux fois de son lit. Mais la Meurthe n’est pas seule à être tirée du sommeil…

L’épisode se passe à Tomblaine près de Nancy. Dans la nuit du 19 au 20 janvier 1910 vers 4h du matin, un soldat de garde près du chemin des Sables prévient les brigadiers de service : dans plusieurs maisons l’eau a atteint 1m50 ! Contraints de passer par les fenêtres, les habitants concernés sont évacués au moyen de barques. Cette nuit-là, une soixantaine de personnes sont sauvées.

Les jours qui suivent...

C'est de gré ou de force que les riverains doivent abandonner leur logement. Les cafetiers et restaurateurs du coin leur offrent des rations de pain et de viande, du vin chaud et un abri, mais les postes de police restent submergés de demandes. Si des lieux d’accueil tels que l'école d’Ory et l'école des filles de Saint-Nicolas sont désignés, certains journaux dénoncent l’insuffisance des secours apportés par la municipalité.

Le rôle de la presse

En faisant appel à la générosité des lecteurs, la presse devient la porte-parole des plus démunis ; elle lance un appel aux dons de nourriture, certes, mais aussi de vieux linges, vêtements et souliers. D’autres actions sont menées. Par exemple, lors de la crue de Novembre, L’Est Républicain propose d'éditer un numéro unique consacré aux photographies des inondations et récolte alors trois cents francs au profit des sinistrés de Nancy et cent francs pour Tomblaine.

Du dramatique... au pittoresque

Toutes ces nouvelles ont de quoi affliger, néanmoins certains articles de l'Est Républicain sont écrits dans un style comique et ont pour effet la dédramatisation. Sous la plume amusée des journalistes, l'information devient romance. Par exemple, on rencontre ci-et-là les portraits de sauveteurs, la poule et le cochon sous le bras. N'en déplaise, cette catastrophe mortelle n'arrête pas l'humour.

« Deux promeneurs échangent leurs impressions :

- Voilà mon vieux, une belle occasion pour te noyer…

- Pas si bête, réplique l’autre, ce serait vraiment trop peu de viande pour tant de bouillon »,

L'Est Républicain

« Dans la plupart des caves, il y a plus d’eau que de vin. 

- Ah ! me dit un un bonhomme, si on pouvait faire comme aux noces de Cana. »,

L'Est Républicain

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